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Comités de gestion de risque : sont-ils bâillonnés ?

27 April 2016

Shareenah Kalla, Business Magazine No. - 1232 - du mercredi 27 avril 2016 au mardi 3 mai 2016 |

De l’avis de Yusuf Abdoollah, Risk Advisory à BDO, il est essentiel pour les banques, assurances et conglomérats d’avoir un comité de gestion des risques. Il cite l’exemple des États-Unis où les règlements de Dodd Frank exigent que les entreprises publiques et cotées, qui détiennent un certain nombre d’actifs consolidés, ont un comité de gestion des risques.


À Maurice, la Banque de Maurice exige la création d’un comité de gestion des risques au sein des banques. Tandis que le Code de bonne gouvernance recommande aux entreprises cotées en Bourse et institutions paraétatiques de se doter d’un tel comité. «Ce comité a pour mission de veiller à ce que les affaires de l’organisation soient menées de manière transparente et que les administrateurs n’exposent pas l’organisation à un trop grand risque», souligne Yusuf Abdoollah.


Il faut savoir qu’un comité de gestion des risques est un sous-comité du conseil d’administration et se compose généralement de 3 à 4 membres du Board, ayant une grande expérience de l’industrie et une bonne notion de gestion financière.


«En général, le président du conseil d’administration ne doit pas siéger sur ce sous-comité. Pour la simple et bonne raison que celui-ci peut avoir une influence sur l’indépendance et les décisions prises par ce comité», précise Yusuf Abdoollah.


Protéger les banques des risques collatéraux

Concernant les banques, les transactions sont normalement filtrées à travers plusieurs comités de risque. Parmi, le Credit Risk Committee, l’Asset Liability Committee ou encore des comités chargés de mesurer le risque opérationnel. «Prenons l’exemple du ‘Credit Risk Committee’, il est normalement chargé d’examiner les demandes de prêt, pour assurer que les requérants ont suffisamment de ressources financières ou encore de ressources pour rembourser les intérêts. Ce comité doit veiller à ce que les intérêts de la banque soient protégés des risques collatéraux. Dans le cas du prêt accordé à l’ancien ministre des Finances, il est intéressant de noter que la banque n’a pas jugé nécessaire d’enregistrer la garantie fournie. La question fondamentale que nous devons nous poser est si la demande de ce prêt a suivi toutes les procédures de la banque ou si celles-ci ont été outrepassées et par qui?», se demande Yusuf Abdoollah.


S’agissant de l’affaire BAI, Yusuf Abdoollah est d’avis que le groupe s’est effondré parce que ses paramètres financiers n’étaient pas stables et parce qu’on a fait fi des mises en garde. «Tout a commencé avec la chute de la Bramer Bank. Nous savons que son effondrement résulte d’une crise de liquidité. Mais je pense que des rapports de risque provenant du département de risques de ce conglomérat, les recommandations de la Banque de Maurice, les rapports externes des auditeurs, ainsi que le celui de la Banque mondiale annonçaient déjà la chute de la BAI», observe-t-il.


Il advient aussi parfois que les comités de gestion de risques prennent de mauvaises décisions. Par exemple, concernant les banques, il existe le risque que certains prêts ne soient pas remboursés. D’où la nécessité pour les institutions financières de sécuriser leurs prêts à travers une garantie hypothécaire ou autre.