Externalisation: BDO Solutions veut doubler ses effectifs

Shelby Emilien, L'Express |

17 October 2017

 

Les Britanniques de BDO UK comptent beaucoup sur leur filiale mauricienne pour, entre autres, booster leur chiffre d’affaires.Une nette progression du secteurde l’externalisation est attendue…

 

Ashley Carter & Simon Watson from BDO UK
Ashley Carter (à g.) et Simon Watson, de BDO UK, tableny sur une
progression rapide des BDO Solutions.

 

DOUBLER ses effectifs, tripler ses bénéfices, augmenter ses opérations, le tout sur les deux prochaines années. Ce sont là quelques-unes des ambitions de BDO Solutions, filiale d’externalisation du groupe BDO à Maurice, firme engagée dans les services comptables sur le marché domestique et extérieur. Ces objectifs ont été longuement abordés la semaine dernière par des directeurs britanniques de BDO UK. 

Simon  Watson,  Head of Global Outsourcing, ainsi qu’Ashley Carter, Global Outsourcing Principal, tous
deux de BDO UK, étaient en déplacement à Maurice pour rencontrer les responsables de BDO Solutions,
dont Yuttam Joysuree, Managing Partner. Au siège social, à Port-Louis, les partenaires britanniques n’ont pas manqué de faire part de leurs ambitions pour Maurice, ainsi que la progression fulgurante de la société depuis ces cinq dernières années.

«BDO Solutions compte actuellement 250 employés et nous pensons doubler nos effectifs d’ici les deux prochaines années», avance Yuttam Joysuree. Idem pour leur chiffre d’affaires à Maurice, que lesBritanniques entendent tripler durant cette période.

Le type d’activité qu’externalise  BDO  UK  vers Maurice concerne surtout le transactional accounting, le statutory reporting et l’audit and corporate finance.L’objectif est de s’appuyer sur  la  croissance  soutenue de BDO Solutions depuis ces dernières années.La compagnie avait en effet débuté ses opérations avec une trentaine de personnes avant d’atteindre la taille qu’elle occupe actuellement. BDO Solutions envisage même d’aménager dans de nouveaux locaux dans les années à venir si le nombre d’employés et le business augmentent.

 

MAIN-D’ŒUVRE MOINS CHÈRE

Pourquoi  Maurice? «Le décalage horaire y estminime, avec seulement 3 à 4 heures de différence avec l’Europe.Vous êtes aussi bilingues et les employés ont une excellente formation. De plus, le travail fourni est de haut niveau», explique Simon Watson. Il ajoute que les certifications de l’Institute of Chartered Ac-
countants in England and Wales sont souvent utilisées à Maurice, ce qui fait que les employés connaissent la législation et les pratiques comptables anglaises.

Le recrutement se fait, par ailleurs, aisément et la main-d’œuvre est moins chère que dans bon nombre de  juridictions dans lesquelles opèrent BDO UK, à l’instar du Canada, de Singapour ou de Hong-Kong avance, pour sa part, Ashley Carter. De plus, l’infrastructure numérique est également de bonne qualité, ajoute-t-il.

Parlant du positionne ment de Maurice parmi les 158 juridictions dans lesquelles opère BDO UK, Simon Watson fait ressortir que Maurice leur sert surtout de filiale d’externalisation pour les milliers de clients qui résident sur le marché anglais.

Outre le marché britannique, BDO Solutions prospecte aussi le marché français. Son directeur devrait bientôt se rendre en France pour rencontrer BDO France à cet effet. Il participera, par la suite, à la conférence BDO francophonie qui se tiendra à Genève du 28 au 30 octobre.

Parlant des perspectives de  développement pour BDO Solutions, nos interlocuteurs soulignent qu’elles sont énormes. «Prenez, par exemple, le segment Global Payroll, qui fait partie des huit axes de services que nous proposons. Rien que le marché pour l’externalisation des payroll processes se chiffre à 25 milliards de dollars par an. De plus, ce marché connaît une croissance de 20 % chaque année», avance Simon Watson. Ce qui laisserait présager de belles perspectives pour Maurice. 

BDO Solutions compte déjà une équipe de 34 personnes qui travaillent sur ce segment, en particulier pour le compte de BDO UK. Une équipe qui devrait passer à 50 personnes dans les deux prochaines années.